Les grandes affaires françaises #4

L’Affaire DREYFUS

Aujourd’hui, nous vous invitons à (re)découvrir l’une des plus grandes erreurs judiciaires de l’histoire française, qui a bouleversé le pays en 1894 : l’affaire Dreyfus.

📝 Tout commence en septembre 1894, par la découverte d’une lettre compromettante, accompagnée d’un bordereau d’envoi aux services allemands, dans une corbeille de papier de l’ambassade Allemande en France. En effet, cette lettre est adressée à l’attaché militaire allemand Max von Schwartkoppen, laissant supposer qu’un officier français fournit des informations secrètes aux autorités ennemies. L’affaire est alors transmise au service des statistiques des renseignements qui ouvre une enquête sous la direction du commandant Hubert-Joseph Henry, alors en poste au ministère de la Guerre.

⚔️ Les soupçons se tournent rapidement vers le capitaine Alfred Dreyfus alors âgé de 35 ans, considéré comme le coupable idéal en raison de ses origines alsacienne, germanophone et de confession juive.

✍️ Le 15 octobre de la même année, il est arrêté et emprisonné d’après une analyse graphologique bâclée. Une instruction judiciaire exclusivement à charge est lancée tandis qu’une partie de la presse s’empare de l’affaire en intensifiant les attaques antisémites.

🏛️ En décembre 1894, Alfred Dreyfus est jugé pour haute trahison devant le conseil de guerre. Malgré l’absence de preuves solides, hormis une vague similitude d’écriture et des rumeurs infondées, les juges le déclarent coupable. Il est condamné à la déportation pénale et à la destitution de son grade militaire.

🎖️ Le 5 janvier 1895, devant des milliers de spectateurs rassemblés dans la cour de l’Ecole militaire, Alfred Dreyfus est alors dégradé aux yeux de tous, alors qu’il clame son innocence. Rapidement, il est d’abord envoyé au bagne de l’île de Ré, puis, après le 21 février 1895, transféré en Guyane. Là, il est mis en isolement complet total sur l’île du diable, au large de Cayenne.

🔍 En 1896, le lieutenant-colonel George Picquart, membre du service de renseignement, mène une contre-enquête. Ses recherches révèlent que l’écriture du bordereau incriminé appartient au commandant Esterhazy, confirmant ainsi que l’accusation portée contre le capitaine Dreyfus était infondée. Las, le chef d’état-major refuse de remettre en cause le jugement initial.

📰 Le 10 janvier 1898, le conseil de guerre acquitte le commandant Esterhazy. Deux jours plus tard, Émile Zola publie dans le journal “L’Aurore” son célèbre article intitulé “J’accuse…!”, dénonçant le Conseil de Guerre et le général Mercier, alors ministre de la Guerre, pour leur complicité dans cette affaire.

✊ Condamné à un an de prison et une amende de 3000 francs, Émile Zola devient alors le symbole d’une fracture nationale opposant les dreyfusards et les antidreyfusards.

🔒 En août 1897, le ministre de la guerre ordonne l’ouverture d’une nouvelle enquête, voyant qu’un faux a été fabriqué par le commandant Henry qui se suicida peu après dans sa prison du Mont Valérien. La requête en révision progresse, et le 9 juin 1899, Alfred Dreyfus quitte l’île au diable pour comparaître à nouveau devant le Conseil de Guerre.

👨‍⚖️ Le procès se déroule à Rennes du 7 août au 9 septembre 1899, et l’accusé est reconnu coupable de haute trahison, recevant alors une nouvelle peine de 10 ans de réclusion. Épuisé, Dreyfus renonce à un pourvoi en cassation après avoir reçu la grâce présidentielle accordée par Émile Loubet dix jours plus tard.

🕊️ Le 12 juillet 1906, à l’issue du procès en révision, la Cour de cassation, annule la décision du jugement du conseil de guerre et prononce la réhabilitation du condamné.

💔 Après avoir été réintégré dans l’armée sans que sa carrière ne soit totalement reconstituée, il demande sa retraite le 2 juin 1907. Il décède le 12 juillet 1935 à l’âge de 76 ans. L’affaire Dreyfus reste un symbole majeur de la lutte pour la justice et les droits de l’homme.

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Carole

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