Les grandes affaires françaises #2

L’Affaire Omar RADDAD

Aujourd’hui, nous lançons une nouvelle chronique dédiée aux affaires judiciaires françaises. En effet, certains procès ont marqué les esprits et suscité de vifs débats. Au cours des prochains mois, (re)découvrez ces affaires et procès emblématiques, mettant en lumière les avocats ayant joué un rôle central dans leur déroulement.

Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir l’une des affaires les plus médiatisées de l’histoire judiciaire française, l’affaire Omar Raddad.

🩸 En 1991, à Mougins, dans les Alpes-Maritimes, Ghislaine Marchal est retrouvée assassinée dans sa villa. Les mots “Omar m’a tuer” sont écrits avec le sang de la victime sur le mur de la cave, suscitant davantage de réactions en raison de la faute d’orthographe. Les soupçons se portent rapidement sur Omar Raddad, le jardinier de madame Marchal.

❓ De nombreux éléments troublants entourent cette affaire : des preuves jugées insuffisantes, des zones d’ombre dans l’enquête, et des failles dans le système judiciaire. Malgré des témoignages contradictoires et l’absence d’ADN probant, Omar Raddad est condamné en 1994 à 18 ans de réclusion criminelle sans possibilité de faire appel.

🔊 Cette sentence soulève rapidement des doutes et une vive controverse. Des voix s’élèvent pour dénoncer les irrégularités de l’enquête et le manque de fiabilité des preuves. L’avocat d’Omar Raddad, Me Jacques Vergès, exprime son indignation : “Il y a cent ans, on condamnait un jeune officier qui avait le tort d’être juif. Aujourd’hui, on condamne un jardinier parce qu’il a le tort d’être maghrébin.” Le 10 mai 1998, après une rencontre avec le roi du Maroc, Hassan II, Jacques Chirac accorde une grâce partielle à Omar Raddad, réduisant sa peine à 4 ans.

🧬 Le 31 octobre 2000, deux graphologues remettent en question l’identité de l’auteur des inscriptions. Une autre analyse révèle que la trace de main ensanglantée sur l’inscription comporte du sang de Ghislaine Marchal, mais aussi du sang masculin. Ce n’est qu’en 2001 qu’une analyse conclut que l’ADN masculin retrouvé n’est pas celui d’Omar Raddad.

📜 Le 20 novembre 2002, la Cour de cassation rejette la demande d’un nouveau procès. Six ans plus tard, la nouvelle avocate d’Omar Raddad, Sylvie Noachovitch, réclame l’ouverture d’une information judiciaire pour comparer deux empreintes ADN masculines retrouvées sur les lieux du crime.

🔍 C’est en 2014, grâce à une réforme des procédures de révision, de nouvelles investigations ont lieu. Un an plus tard, quatre nouvelles empreintes génétiques “exploitables” sont retrouvées. En 2019, un rapport d’expert indique la présence d’une trentaine de traces d’ADN masculin retrouvées sur les inscriptions.

🧬 En 2021, la défense d’Omar Raddad dépose une nouvelle requête en révision de son procès, fondée sur de nouvelles analyses des traces ADN découvertes quelques années plus tôt.

⚖️ Plusieurs avocats, dont Me Jean-Claude Guidicelli, Me Georges Girard, Me Gérard Baudoux, Me Jacques Vergès et Me Sylvie Noachovitch, ont représenté Omar Raddad tout au long de cette affaire.

L’affaire Omar Raddad demeure une énigme judiciaire troublante qui a mis en lumière les failles du système judiciaire français et le pouvoir de la mobilisation citoyenne pour la quête de justice. 🌟

Carole

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